Né à Bonnievale, une petite ville de la province du Cap, dans une famille d'agriculteurs afrikaners,
Breyten Breytenbach (1939-2024) est encore étudiant lorsqu'il s'engage, au début des années 1960, contre le régime de l'apartheid. Pour fuir un climat politique qu'il ne supporte plus, il voyage bientôt à l'étranger et se fixe à Paris où il épouse Yolande Ngô Thị Hoàng Liên, une Française d'origine vietnamienne. Il est alors interdit de séjour dans son pays natal, une loi sud-africaine prohibant les mariages interraciaux. Il fonde un mouvement regroupant des opposants à l'apartheid, l'Okhela. À la suite d'un séjour clandestin en Afrique du Sud, en 1975, il est arrêté et condamné à neuf années de prison. Il en purgera sept, dont vingt-deux mois à l'isolement. À sa libération, il s'installe à Paris et adopte la nationalité française. Il retournera en Afrique du Sud en 1991, après l'abolition des dernières lois de l'apartheid.
Breyten Breytenbach est l'auteur d'une œuvre très riche, composée de recueils de poésie, de romans, de récits autobiographiques, d'essais littéraires. Son premier livre en français,
Feu froid, paraît en 1976 chez Christian Bourgois, suivi notamment, chez Grasset, de
Métamortphase. Poèmes de prison, 1975-1982 (1987),
Tout un cheval. Fictions et images (1990). Plus récemment ont paru, chez Bruno Doucey,
La Femme dans le soleil (2015), et
La main qui chante (2020).